Angkor est une région du Cambodge qui fut la capitale de l'Empire khmer existant approximativement du IXe au XVe siècle.
Ses ruines sont situées dans les forêts au nord du Tonlé Sap, en bordure de la ville de Siem Reap et sont classées depuis 1992 au patrimoine mondial par l'UNESCO.
Angkor a connu l'un des effondrements les plus méconnus de tous les temps. Le royaume khmer dura du IXe au XVe siècle. A son apogée, il domina une large frange de l'Asie du Sud-Est
continentale, de la Birmanie, à l'ouest, au Viêt Nam, à l'est. Sa capitale, Angkor, comptait pas moins de 750 000 habitants et couvrait une superficie d'environ 1 000 km². À la
fin du XVIe siècle, lorsque des missionnaires portugais découvrirent les tours en forme de lotus d'Angkor Vat - le temple le plus sophistiqué de la
cité et le plus vaste monument religieux du monde, la capitale de
l'empire agonisait déjà. Les spécialistes ont avancé de nombreuses explications mais la plus probable est la suivante : Angkor aurait été condamnée d'avance par cette même ingéniosité qui
transforma un ensemble de petits fiefs en empire. La civilisation khmère avait appris l'art d'apprivoiser les déluges saisonniers de l'Asie du Sud-Est, en stockant l'eau dans d'immenses
réservoirs (appelés baray) pour éviter les inondations et la restituer en période de sécheresse. Mais elle perdit le contrôle de l'eau, la plus vitale des ressources, entraînant ainsi son déclin.
Des sécheresses sévères et prolongées, ponctuées par des pluies torrentielles, auraient anéanti le système hydraulique.
Le pouvoir se déplaça vers Phnom Penh, au XVIe siècle, après une période de
moussons irrégulières.
La première relation sur l'empire khmer en Europe date de 1570 par des voyageurs espagnols et portugais. Il fallut attendre la publication en 1819 par Jean-Pierre Abel-Rémusat de Description du royaume de Cambodge par un voyageur chinois qui a visité cette contrée à la fin du XIIIe siècle, précédée d'une notice chronologique sur ce même pays, extraite des annales de la Chine, Imprimerie de J. Smith, traduction d'un récit de voyage d'un officier chinois pour réapparaître du néant. C'est en 1861, début de la conquête de la Cochinchine par la France, que le naturaliste Henri Mouhot explorant la région avec l'abbé Sylvestre permet la re-découverte d'Angkor Vat puis d'Angkor Thom. Son récit sera publié dans le Tour du Monde en 1863. Une seconde exploration, de 1863 à 1866, menée par Ernest Doudart de Lagrée sera beaucoup plus exhaustive et fera l'objet d'un compte-rendu dans Voyage d'Exploration en Indo-Chine, publié en 1873. De nombreuses missions d'exploration se succèdent alors jusqu'à la longue présence d'Étienne Aymonier, nommé représentant au Cambodge en 1879. Celui-ci organisa la traduction des nombreuses inscriptions, reconstitua l'histoire du royaume khmer. Rentré en France à l'issue de sa mission (vers 1886) il publia de nombreuses études, un dictionnaire et de multiples articles qu'il rassemble à partir de 1900 dans son grand ouvrage Le Cambodge.
Depuis le début du XXe siècle, le site d'Angkor est patiemment réhabilité par des archéologues, notamment par ceux de l'École française d'Extrême-Orient, comme Henri Marchal et Bernard-Philippe Groslier.
Sur le site de l'UNESCO, le programme de préservation du site d'Angkor, débuté en 1993.
Le bon avancement de ce programme a permis de retirer Angkor de la Liste du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO.
Les travaux sur place sont coordonnés par l'APSARA (Autorité pour la Protection du Site et l'Aménagement de la Région d’Angkor / Siem Reap).
Ce programme est actuellement financé en grande partie par le Japon. Voir le site du JSA.
Et, bien sûr, l'EFEO (École française d'Extrême-Orient) est toujours représentée sur place.
En cours actuellement (2001-2010), une étude archéologique à grande échelle, le Greater Angkor Project rassemble l'Université de Sydney, l'École française d'Extrême-Orient, et l'APSARA avec le support de l'Australian Nuclear Science and Technology Organisation. Il étudie les raisons du déclin d'Angkor et de son abandon en 1431, avec l'intention d'en tirer des enseignements sur l'exploitation durable des ressources naturelles pour l'agriculture. Les premiers résultats de ces recherches — s'appuyant notamment sur une étude précise du réseau hydraulique — ont permis l'établissement d'une nouvelle cartographie du site. Ils confirment qu'Angkor était bien l'un des plus vastes complexes urbains de l'ère pré-industrielle, bien plus étendu que ce que l'on croyait jusqu'alors. Le centre urbain s'étendait sur 400 km² et la surface totale atteignait 3 000 km², soit dix fois plus que ce que l'on imaginait. On évalue la population à 700000 habitants. Les experts en tirent la conclusion que cette extension de la capitale de l'empire khmer n'a vraisemblablement pas été sans conséquences pour l'environnement et que les problèmes écologiques (déforestation, dégradation des sols, érosion) liés à ce développement ont peut-être contribué à la chute de l'empire.
Pour visiter ces temples et accéder à l'enceinte du parc national classé au patrimoine mondial de l'Unesco, il faut acheter un passe valable pour 3 jours pour 40$ US. Des passes 1 jour et 7 jours sont également disponibles à la vente.
Angkor Vat ou Angkor Wat (Prasat Angkor Vat) est le plus grand des temples du complexe monumental d'Angkor au Cambodge. Il fut construit par Suryavarman II au début du XIIe siècle en tant que « temple d'état » et capitale. Temple le mieux préservé d'Angkor, l'une des plus grandes villes médiévales du monde, il est le seul à être resté un important centre religieux depuis sa fondation, premièrement hindou et dédié à Vishnou, puis bouddhiste.
Le temple est l'archétype du style classique de l'architecture khmère. Il est devenu le symbole du Cambodge, figurant même sur son drapeau national, et il est le principal lieu touristique du pays.
Angkor Vat combine deux bases de l'architecture khmère pour les temples : le côté temple-montagne et le côté temple à galeries. Il est conçu pour représenter le mont Meru, la maison des dieux dans la mythologie hindoue.
À l'intérieur d'une douve et d'un mur externe de 3,6 km de longueur se trouvent trois galeries rectangulaires, chacune construite l'une à l'intérieur de l'autre. Au centre du temple se dressent des tours en quinconce. Contrairement à la plupart des temples d'Angkor, Angkor Vat est orienté vers l'ouest, probablement parce qu'il est orienté vers Vishnou.
Le temple est admiré pour la grandeur et l'harmonie de son architecture et les nombreux bas-reliefs sculptés qui ornent ses murs. Sa beauté et sa taille sont telles que beaucoup le considèrent comme la huitième merveille du monde. Il donne également des indices sur l'important système hydraulique d'Angkor. Il est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO (Wikipedia).
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